Xavier Susterac nous parle de son engagement auprès de la plate-forme

19/09/2016
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Nous avons posé quelques questions à Xavier Susterac, le Président de BASF France, concernant son engagement auprès de la plate-forme franco-allemande "Ecoles-Entreprises", et plus largement auprès de la formation des jeunes. 

 

Par quels moyens la société BASF s’engage-t-elle pour la formation des jeunes ?


Xavier Susterac : Par de multiples moyens. La formation des jeunes a dans notre groupe une place privilégiée, et que ce soit en France, en Allemagne, ou d’autres pays du monde, BASF s’engage dans ce domaine. Je ne vous citerai que quelques exemples…. L’alternance est un système qui fonctionne remarquablement bien en Allemagne, et nous employons environ 2.000 alternants dans notre seul site de Ludwigshafen. Nous avons copié ce modèle en France avec aujourd’hui 115 alternants. Mais nous nous adressons aussi aux plus jeunes, en organisant des « kids labs » qui permettent de motiver les 8 à 12 ans aux métiers de la chimie. Lors d’un de ces ateliers réalisés à Levallois-Perret, où nous avons notre siège social, j’ai vu de véritables vocations chez les enfants, tous très impressionnés par les expériences de laboratoire. BASF a un engagement profond dans la formation et donc l’employabilité des jeunes, que ce soit en Allemagne ou de nombreux pays au monde. Les journées découvertes que nous réalisons avec l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse dans nos sites en France sont toujours couronnées de succès. Nous offrons aussi de nombreux stages à des jeunes qui peuvent ainsi prendre contact avec le monde de l’entreprise. Enfin, nous sommes l'un des partenaires du Ministère des Affaires Etrangères qui a lancé la formidable opération Erasmus Professionnel, et avons déjà envoyé des alternants français en Allemagne et reçu des alternants allemands en France. 

 

Pourquoi avoir décidé de prendre part à ce projet de plate-forme franco-allemande « Ecoles-Entreprises » ?


XS : D’une part parce que ça s’inscrit dans la stratégie de notre groupe, mais aussi par conviction personnelle. J’ai souvent été très impressionné par des jeunes alternants ou stagiaires, des jeunes de la génération Z comme on le dit, qui ont une approche différente de leurs ainés, abordent les problèmes de façon différente, et contribuent souvent de façon significative. Et puis si j’ai appris l’allemand moi-même, c’est grâce à un jumelage entre la petite ville d’Arbois dans le Jura et celle d’Hausach en Forêt Noire, puis par de multiples stages ou jobs d’été en Allemagne. J’avoue aussi que j’étais heureux de gagner mon argent de poche en Marks, qui, convertis en Francs à l’époque, me permettaient de payer mes tickets de cinéma. C’est ainsi que j’ai démarré ma carrière dans un groupe allemand à Paris, pour ensuite partir en Allemagne et y passer une vingtaine d’années. 

 

Quels sont à votre avis, les avantages d’un tel engagement pour les entreprises ?


XS : Recruter est aujourd’hui un véritable challenge, et la guerre des talents est bel et bien engagée. Ce sont en particulier les jeunes talents, qui permettront aux groupes industriels de se démarquer et de générer la croissance dont elles ont besoin. Cette plateforme va permettre un échange entre universités ou centres de formation et entreprises, et qu’il s’agisse de stagiaires, d’alternants, ou de visites d’entreprises, nous aidera à rapprocher le monde de l’entreprise du monde de l’éducation. L’enjeu est considérable et la sélection des stagiaires ou alternants, qui aboutit quelquefois à des CDD ou CDI, est souvent négligée. Avec 3.000 sociétés allemandes en France et des milliers d’étudiants intéressés par un stage ou un contrat d’alternance, cette plateforme va offrir une possibilité d’échange jusqu’à présent inexistante. Il ne restera plus qu’à mettre la même chose en place de l’autre côté du Rhin, et je sais que nos amis allemands sont déjà dans les starting-blocks.

 

Et pour les établissements scolaires, universitaires et les centres de formation ?


XS : C’est la même chose. Il ne sera plus nécessaire de passer des heures au téléphone avec les entreprises de la région pour trouver des stages ou des contrats d’alternance, ni de chercher de mauvais compromis. A l’époque de la digitalisation, les jeunes savent très bien qu’une recherche ciblée avec des filtres de recherche dans une grande base de données est la meilleure solution pour répondre à leurs besoins. 

 

Certaines entreprises considèrent que ce n’est pas leur rôle de former les jeunes. Que souhaitez-vous leur répondre ? 


XS : Tout simplement qu’ils se trompent. Mais je n’ai pas encore entendu de tels commentaires. Si l’Education Nationale a un rôle important à jouer, l’intégration dans l’entreprise ne peut se faire que dans le cadre d’un partenariat sérieux Ecole-Entreprise. L’heure est à l’action, et cette plateforme est sans doute l’un des meilleurs catalyseurs pour ce rapprochement.